Soutenance de thèse de LAGUNE Evan


Titre de thèse

Le concept de communs en droit

The concept of the commons in law

Date

18 juin 2026 à 14h00

Adresse

Faculté de droit et de science politique d'Aix-Marseille, bâtiment Pouillon, 3 Av. Robert Schuman, 13100 Aix-en-Provence, Salle des actes

Ecole doctorale

Sciences Juridiques et Politiques

Specialité

Doctorat en droit spécialité Droit public

Etablissement

Aix-Marseille Université

Mots clés

Communs,Biens communs,Concept,Théorie de la propriété,Propriété publique,Propriété publique

Keywords

Commons,Common Goods,Concept,Theory of property,Private Property,Public Property

Jury

Jury de thèse
Qualité Nom Etablissement
Professeur des universités M. KERLEO Jean-François Université Aix-Marseille · Faculté de Droit et de Science politique
Professeur des universités Mme TARLET Fanny Université Montpellier · Faculté de Droit et de Science politique
Professeur des universités M. GIACUZZO Jean-François Université Toulouse Capitole · Ecole de droit de Toulouse
Professeur des universités M. MELLERAY Fabrice Sciences Po Paris, École de Droit
Professeur des universités Mme ROCHFELD Judith Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne · École de Droit de la Sorbonne
Professeur des universités M. PERROUD Thomas Université Paris-Panthéon-Assas

Résumé de la thèse

Les « communs » ont beau être à la mode chez les juristes, le sens du mot n'a cependant jamais été aussi difficile à trouver. Les « communs » appartiennent-ils au domaine de l'économie, de la politique ou du droit ? Doit-on parler de « communs », de « biens communs », de « choses communes », de « patrimoine commun », de « commun », de « communaux », de « communautés » ou de « communalité » ? Alors que l'idée de « communs » regorge de ressources pour renouveler le discours doctrinal notamment sur la propriété, cette difficulté à faire sens la transforme en une notion friable qu'il est difficile de mobiliser. L'obstacle n'est pourtant pas insurmontable. Ce travail propose de tirer tous les enseignements des théorisations précédentes des communs pour déterminer un concept doctrinal. Il fait des communs une convention de langage claire et précise pour que les juristes puissent plus facilement discourir entre eux et avec les chercheurs des autres disciplines. Ce concept, pourtant, est doctrinal et sa pertinence se juge avant tout par son caractère utile : il doit apporter à la connaissance juridique. Dans cet objectif, ce travail propose de définir les communs par quatre critères cumulatifs. D'abord, deux critères primaires : une chose et un groupe de personnes physiques. Ensuite, deux critères secondaires en ce qu'ils impliquent nécessairement les premiers : un droit de jouissance collective et une habilitation de gestion concertée. Un commun est donc un régime où un groupe gère une chose dont il jouit. Cette définition apporte à la connaissance juridique de différentes manières. D'abord, elle aboutit à construire une typologie des communs afin d'offrir une lecture plus claire et pédagogique des techniques juridiques de mise en commun. Ensuite, il mène à redéfinir la propriété comme un type de norme d'habilitation. Enfin, il démontre l'existence des propriétés communes et identifie la propriété publique comme une sous-catégorie de la première. Avec ce travail, les communs sont désormais dotés d'un sens clair et utile pour les juristes.


Thesis resume

The ‘‘commons'' may well be a subject of considerable interest in legal scholarship, but the meaning of the word has never been so hard to pin down. Do the ‘‘commons'' belong to the field of economics, politics or law? Should we speak of ‘‘commons'', ‘‘common goods'', ‘‘common things'', ‘‘common heritage'', ‘‘common'', ‘‘communal'', ‘‘communities'' or ‘‘communalism''? Whilst the idea of ‘‘commons'' offers considerable scope to renew theoretical literature, particularly on property, this difficulty renders it hard to operationalize. However, the obstacle is not insurmountable. This work synthesizes insights from previous theoretical approaches to establish a doctrinal concept. It proposes a clear and precise linguistic convention so that legal scholars can more easily engage in discourse amongst themselves and with researchers from other disciplines. This concept, nevertheless, is doctrinal, and its relevance is judged by its utility: it must contribute to legal knowledge. To this end, this work proposes to define the commons through four cumulative criteria. Firstly, two primary criteria: a thing and a group of natural persons. Secondly, two secondary criteria which presuppose the first: a right of collective use and the legal power to collectively create norms about this use. Therefore, in law a common is a legal regime in which a group manages and uses a thing. This definition contributes to legal understanding in various ways. Firstly, it leads to the construction of a typology of commons to provide a clearer and more pedagogical understanding of the legal techniques of sharing resources. Secondly, it results in the redefinition of property as a type of legal power to create norms. Finally, it demonstrates the existence of common property and identifies public property as a sub-category of the former. With this work, commons are now clearly defined and more operational for legal professionals.